Giovanni Boldini et le mythe de la Parisienne


L'exposition Les Plaisirs et les Jours sur l'oeuvre de Giovanni Boldini (1842-1931) dit le "Peintre de la femme" au Petit Palais de Paris vaut le détour! Entre mouvements et mélancolie le peintre italien contribue par son oeuvre à créer le mythe de la Parisienne du XXe siècle. Ses formes allongées, touches fluides et compositions dynamiques le distinguent des peintres avant-gardes de la meme époque, (fauvisme, expressionnisme, cubisme...) tout en gardant une incursion moderne.


Portraits intimes et officiels


Né à Ferrare près de Bologne d'un père artiste, le style de Giovanni Boldini se démarque petit à petit de l'académisme imposé aux artistes italiens. À partir de 1870, il se lie avec des mécènes britanniques puissants Sir William Cornwallis-West et Isabella

Robinson Falconer. Fréquentant Londres puis la France, il y fait ses premiers succès mondains en réalisant des portraits de femmes de haut rang (la duchesse de Westminster, la comtesse de Listowel et de Lady Bechis etc.).


Entre 1870-1880, G. Boldini s'installe à Paris. Durant ses années il affirme son style revenant à son domaine de prédilection: le portrait. Inspiré par les peintres Flamands et Espagnols du XVIIe siècle (Le Greco, Anthony Van Dyck, Diego Velasquez) tout en se confrontant aux artistes innovants de l'époque (Edgar Degas, John S. Sargent). L'artiste italien nous propose des oeuvres au chromatisme travaillé, à la touche rapide et lâche et aux figures allongées qui évoquent parfois les portraits féminins d'Ingres.


Le peintre de la Belle Époque


Durant cette période, l'artiste s'intègre au monde qu'il dépeint tout comme Marcel Proust. Une société de fin de siècle où l'individualisme prime et les femmes tentent de se distinguer par le biais de la mode. L'artiste se lie d'amitié avec le caricaturiste Georges Goursat dit "Sem" et Paul César Helleu, ils fréquentent ensemble cafés, jardins parisiens, les courses de Longchamp... Sem contribuera à la notoriété de l'artiste en réalisant de nombreuses caricatures le représentant auprès de ses modèles filiformes.


Dans l'atelier de G. Boldini, la haute société parisienne se bouscule, riches aristocrates européennes, russes, américaines défilent mais aussi comédiennes, danseuses et écrivaines. Véritable peintre de son époque, Boldini va par ses portraits dicter la mode et inspirer le Mythe de la Parisienne tout en restituant la décadence et vanité de l'époque.


Boldini, Les plaisirs et les jours au Petit Palais à Paris, jusqu'au 24 juillet









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